La boîte à questions

La SSA ok mais…

Ça va coûter cher !

→ 120 milliards selon notre estimation. C’est la moitié du budget de l’assurance maladie, un sixième du budget de la sécurité sociale et c’est le prix à payer pour éradiquer la faim en France. Ce chiffre ne représente que ⅓ des revenus (dividendes, primes…) qui ne sont soumis à aucune cotisation, uniquement à la CSG (8% de cotisation), pour prendre un exemple concret.

→ Ce n’est pas une dépense « nouvelle », pour la majorité d’entre nous, c’est une dépense que l’on effectue déjà, puisque le panier alimentaire moyen des français est de 225€ par mois par personne. Il s’agit de gagner en pouvoir de décision sur ce que nous souhaitons manger, sur ce qui doit être produit ! Seulement une petite partie de ces 120 Milliards correspond effectivement à un nouvelle dépense… Légitime !!

→ Par ailleurs il ne faut pas négliger les coûts cachés du système agro-industriel actuel : sur la santé (obésité, maladies cardio-vasculaires, diabète, cancers), sur l’environnement (dépollution de l’air, de l’eau, des nappes phréatiques), sur les ressources (subventionnement de l’eau pour l’irrigation, épuisement et érosion des sols au coût inestimable), l’impact sur le vivant (coût de la disparition des pollinisateurs, des insectes, et des oiseaux), le coût culturel (héritage paysan, paysages), le coût humain (suicides des agriculteurs, conditions de travail), le coût économique (délocalisation des productions agricoles, concurrence déloyale, balance commerciale agricole, evasion fiscale des GMS, part des retombées locales sur les bénéfices, etc.).

Ça va faire des taxes et des dépenses en plus !

→ Ce n’est pas une taxe, c’est une cotisation : même dans le cas où celles-ci seraient prélevées en partie sur les salaires nets, les salariés reçoivent en retour une partie (ou l’intégralité ou une somme supérieure) de ce qu’ils ont cotisé via la SSA. L’argent cotisé pour la SSA est utilisé dans le cadre d’un processus démocratique qui participe à la réduction des inégalités et à l’intérêt général.
→ Ce n’est pas une solution imposée et contrôlée par l’État. C’est un système transparent où on décide collectivement et localement du système alimentaire à favoriser avec nos cotisations, pas un prélèvement opaque où l’on ne sait pas ce qui est fait ou financé avec notre argent.

Produire autrement ça ne va pas être facile !

→ Certaines cultures peuvent se passer de machines et de pesticides, d’autres requièrent des techniques et solutions modernes, on pourra donc allier le meilleur du savoir-faire ancien et des connaissances et techniques actuelles et futures. Sans retour en arrière ni technophilie aveugle. Les caisses seront chargées de trouver les solutions adaptées à leur territoire, au contexte de production et aux défis environnementaux.
→ Les solutions et les outils existent mais le changement de mode de production est un très gros risque individuel pour les producteurs. Il s’agit donc de sécuriser et faciliter la transition de ceux qui désirent changer de mode de production, ce que les caisses de SSA permettront.

Les gens vont conventionner n’importe quoi et n’importe comment !

→ Il faut parier sur la responsabilisation des citoyens et citoyennes qui seront les ultimes juges de ce qui est bon ou utile à conventionner. D’abord, nous priorisons la souveraineté alimentaire de tous, ce n’est donc pas au collectif de décider à la place des citoyens ce qui doit être conventionné, de faire des recommandations hygiénistes, ou d’imposer des modes de productions à des territoires qui ne seront peut-être pas adaptés.
→ Ensuite, les caisses étant démocratiques, chacun pourra librement s’opposer à ce type de conventionnement, ou proposer de meilleures alternatives tout en veillant à ce que tous les besoins et problèmes spécifiques au lieu et aux personnes soient pris en compte.
→ Enfin, nous savons grâce à de nombreux sondages que les Français sont sensibles aux questions de l’alimentation (qualité, provenance, nutrition, plaisir), et que le problème de l’accès à une meilleure alimentation est plus souvent dû aux conditions matérielles des personnes que d’un manque d’information ou de volonté.

Les producteurs vont se faire imposer quoi produire !

→ Personne ne sera contraint de rejoindre la SSA. Les agriculteurs qui ne désirent pas être conventionnés ou qui sont en désaccord avec les normes des caisses locales seront libres de continuer à produire comme bon leur semble dans le système actuel.
→ En revanche, les paysans affiliés seront eux aussi libres de participer à la prise de décision démocratique des caisses, ils pourront donc y défendre, comme d’autres, leur point de vue, leur expérience et fixer avec eux les critères de conventionnement.
→ Les paysans sont déjà sous la contrainte des marchés, de la PAC et de la pression de l’agro-industrie, d’autres sont devenus de simples techniciens qui appliquent des recettes. Avec la SSA en plus, ils seront toujours libres de choisir leur système de contraintes et leur éthique de travail.
→ Les contraintes des caisses SSA pourraient amener à créer des emplois. Par exemple, si la caisse décide de conventionner le fromage fermier local dans une zone où il n’y a pas encore de producteur installé, il se créera de fait instantanément une demande pour laquelle il faudra créer une activité.

On a déjà l’aide alimentaire !

→ L’aide alimentaire ne concerne que les plus démunis, il ne s’agit pas d’un droit universel, mais d’une solution pour pallier un problème d’accès à l’alimentation. L’aide alimentaire est aussi un moyen de minimiser les pertes et de défiscaliser pour les grandes et moyennes surfaces, et donc de refiler les restes de l’industrie agro-alimentaire aux plus démunis sans considération pour la qualité ou leur droit de choisir leur alimentation. Enfin ce système engendre une alimentation à deux vitesses, une pour les pauvres et une pour les autres, qui est de fait inégalitaire.
→ Le droit à l’alimentation que propose la SSA est donc basé sur l’universalité et le droit à une alimentation choisie.

Le projet n’est pas du tout complet !

→ Nous mettons en avant un projet collectif. Sa mise en œuvre se fera par les citoyens et citoyennes, les acteurs et les experts concernés, dans le cadre des caisses locales. Nous portons un projet démocratique voué à évoluer au fil de sa mise en place, ça n’aurait donc pas de sens que nous réfléchissions à chaque détail et que nous imposions une solution technocratique immuable.